• Moi, gaulliste de gauche, je vote Jean-Luc Mélenchon.

     

    Contexte : 

     

    Combien sommes-nous dans cette situation ? Profondément républicain, jacobin, gaulliste de gauche ou simplement attaché à la souveraineté nationale, nous nous sentons tiraillés. Marre de cette politique spectacle qui nous horripile, marre de ces candidats défendant la conservation du système (que ce soit B. Hamon, F. Fillon ou E. Macron). Des candidats qui n'ont que pour principal programme, la surenchère de promesses, bien - trop ? - souvent démagogiques... Leurs propos tournoient dans le vide. Après plus de trente ans de duperie, nous sommes cette catégorie de citoyens qui n'accepte pas l'éternelle moquerie qui nous est faite. Le discours "gauchiste" du Bourget, de 2012, du candidat François Hollande fut ce dernier coup d'épée de trahison. Personnellement et comme beaucoup d'entre vous, je n'étais point dupe. Je n'avais d'ailleurs pas voté François Hollande au premier tour...

    Je suis un grand partisan d'un gouvernement de salut public. Ce rêve qui verrait les défenseurs de la souveraineté populaire à gauche et à droite se joindre autour d'un tronc commun : la défense d'une France souveraine, forte et fière de son modèle social. La défense d'une France où la démocratie, pour plagier Abraham Lincoln, serait réellement le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple.

    Après avoir dit cela, quelle option me reste-t-il ?

     

    Et pourquoi pas l'idée N. Dupont-Aignan (Debout la France) ?

     

    En 2012, j'ai fait le choix Nicolas Dupont-Aignan. Je salue son courage. Celui de s'être extirpé d'un parti (l'UMP) pour développer ses idées gaullistes, conformément à ses engagements passés et assumés (exemple : le "non" au traité constitutionnel européen de 2005).

    Si, en 2017, je ne choisis pas Nicolas Dupont-Aignan, ce n'est point par rejet de l'homme. J'ai plus la désillusion de constater que son mouvement, Debout La France, s'est enterré, parfois, dans des stratégies gênantes (celle du soutien à Robert Ménard à Béziers, ou encore celle d'imposer une journée de travail gratuite pour tout allocataire du RSA). Avec ces positionnements, je regrette que l'union des deux rives ne puisse être possible. Elle est encore faisable - j'y crois - mais l'enracinement de DLF sur des terrains glissants et droitiers complique la tâche... Toutefois, je ne jette pas la pierre à Nicolas Dupont-Aignan. Le candidat a le mérite d'incarner des convictions profondes et sincères. Le non rapprochement avec l'autre rive du pôle des républicains n'est pas de sa seule faute, bien au contraire...

    Ma décision a donc été prise. Et je constate que certains de mes amis ont également cette préférence : soutenir, au moins par le bulletin, si ce n'est sur le terrain, la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

     

    Ce sera bien Jean-Luc Mélenchon ! Malgré quelques divergences...

     

    Pourquoi ? Comme nombre de mes camarades, je ne partage pas sa vision sur la VIe République, pourtant centrale dans son projet. Alors oui, en tant que Républicain convaincu, rassembler une constituante ne me parait pas stupide. Simplement, je crois concrètement qu'une VIe République, parlementariste, calquée sur la IVe, serait une illusion. La Ve République a eu tout de même le don de préserver une stabilité politique, et ce, malgré les périodes de cohabitation. Car, finalement, les institutions sont ce que les élites en font. Une VIe, parasitée par les partis et les mêmes dinosaures politiques, pourrait aboutir à une instabilité et à une paralysie de l'action gouvernementale.

    Autre point de divergence : l'énergie nucléaire. Aujourd'hui, la France est influente par son génie et sa force nucléaire. Nous pouvons encore la développer et rechercher à la faire évoluer, tout en développant les autres formes d'énergie décarbonée. J'y crois. Et rien n'empêche, en parallèle, de développer de nouvelles solutions énergétiques décarbonées, à travers l'investissement massif dans la recherche et développement.

     

    Les convergences : recréer une nouvelle force dans le paysage politique.

     

    Mais alors qu'est-ce qui me pousse tant, avec d'autres citoyens, à soutenir Jean-Luc Mélenchon ? Clairement, la gauche n'a plus de vie. Face à un Parti Socialiste qui a choisi le suicide politique depuis 2012, "la France insoumise" (nouveau mouvement de Jean-Luc Mélenchon) paraît le mieux incarner l'espérance et le rassemblement.

     

    La nation, au cœur du discours mélenchoniste

     

    Son discours a changé depuis sa première présidentielle, il y a cinq ans. Comparez les meetings, comparez avec ceux de l'autre gauche Benoit Hamon, les drapeaux français sont désormais de sortie ! Les couleurs des partis ? réduction au minimum. Comme si le candidat n'était plus au service d'un parti et de ses cadres - contrairement à la plupart des autres candidatures (illustration parfaite avec les rassemblements B. Hamon où les quelques "bleu blanc rouge" sont noyés par les drapeaux du PS, des écologistes, du PRG, d'associations). Comme si parler de la France et de la nation française ne serait pas simplement réservé à la droite et à l'extrême droite. Dans la voix, Jean-Luc Mélenchon se réfère donc à la nation, à sa force, à sa protection. Pour lui, le peuple ce n'est plus simplement la base ouvrière, c'est toute la composante de la société. On nait Français, que l'on soit riche ou pauvre et on fait tous partie de ce corps unique. Rien d'étonnant, on pourrait voir en lui quelques postures gaulliennes. Quitte, d'ailleurs, à embarrasser son allié, le Parti Communiste. Qu'à cela ne tienne, Jean-Luc Mélenchon ne veut pas simplement retrouver l'électorat populaire, il veut représenter la nation !  

     

    Combattre la fracture sociale dans un pays qui s'enrichit

     

    Les lois Macron et El Khomri, du quinquennat Hollande, ont confirmé la politique sarkozyste : la France se mettant au service de l'enrichissement des plus hauts revenus, afin d'attendre d'eux un retour sur investissement. Conséquence : jamais les millionnaires et milliardaires se sont autant enrichis. Jamais les classes les plus faibles n'ont été aussi pauvres. Jamais la classe moyenne n'a autant financé les politiques publiques. Nous vivons dans une violence sociale telle que les emplois se précarisent. Pour que la pilule passe, les gouvernants (du PS aux ex-UMP/LR, en passant par E. Macron) n'emploient pratiquement plus les mots de précarité ou de licenciements. Ils utilisent principalement un vocabulaire bien choisi et guidé par le monde du grand patronat : flexibilité, souplesse, plans sociaux, restructuration... Pendant ce temps, les inégalités entre classes sociales ne font qu'empirer. Et dans les classes d'âge, qui paient ce lourd tribu ? Les jeunes ! Eux qui doivent être le poumon et l'avenir de notre République ! Et qui de mieux, dans les paroles, que J-L. Mélenchon pour affirmer une nouvelle voie. Pourquoi pas la troisième ? Celle d'une France capable de cultiver son propre modèle, sans faire dans le filet d'eau tiède. Quoi de plus juste que d'assurer un plafonnement des très hauts salaires (1 à 20). E. Macron et F. Fillon menacent : les riches partiront, et changeront de nationalité. Quelle tristesse de penser qu'un riche pense d'abord à sa fortune avant de penser à sa citoyenneté. Pour citer Jean-Luc Mélenchon : "Je fais le pari de penser (...) qu'on n'emmène pas la patrie à la semelle de ses souliers." La France a des droits et des devoirs vis-à-vis de son peuple, riche ou pauvre, celui-ci a également des droits et des devoirs vis-à-vis de son pays.

     

    Pour une France forte, dans une Europe faible

     

    Rien d'étonnant, dès lors, que Jean-Luc Mélenchon ait évolué dans son idée européenne. Oui, l'Union Européenne doit être transformée ! Aller au bras de fer avec l'ordolibéralisme allemand ? Jean-Luc Mélenchon peut le faire. Il n'est ni le président faible, incarné par François Hollande, ni le fusible grec, Alexis Tsipras. La France est encore forte et il entend bien tout renégocier. L'Allemagne ne veut pas d'une refondation de la BCE et de l'Euro ? A bon entendeur, salut l'Euro ! Qui peut aujourd'hui dire que J-L. Mélenchon n'ira pas jusqu'au bout de cet engagement ? Vous conviendrez qu'il n'est pas homme de compromis quant à la violence sociale exercée par les lobbies, les multinationales, les délocalisations, le marché économique déloyal de la zone, les directives sur les travailleurs détachés, la concurrence des bas salaires des pays de l'est, etc.

    Pour l'OTAN, là aussi, sa vision est clairement gaulliste et il ne s'en cache pas. Il veut sortir du commandement intégré. Cette politique de défense qui lie la France (et l'Union Européenne) avec la ligne américaine. Encore une fois, qui peut argüer que les Etats-Unis ont joué le gendarme de la justice sur la scène internationale ? Il n'y a qu'à voir le bourbier au Moyen et Proche-Orient. Et que dire de la coalition en Libye, où la France de Nicolas Sarkozy et de François Fillon a été complice d'une boucherie, laissant le pays aux mains de tribus, souvent islamistes.  

     

    La culture, l'école : qui en parle avec force, si ce n'est Jean-Luc Mélenchon ?

     

    Cela peut paraître annexe dans un projet politique mais l'école est détruite. Détruite par les réformes "pédagogistes", en accord avec la stratégie de Lisbonne de 2000. Elles ont été mises en application une première fois par François Fillon en 2004 (avec la loi d'orientation) et confirmées brutalement par la réforme collège 2016. Cette école qui ne vise plus à éduquer des citoyens éclairés mais de laisser le soin aux parents, les plus fortunés, de payer des cours particuliers à leurs enfants, pour que ceux-ci puissent acquérir les savoirs fondamentaux. En effet, la réforme collège 2016 a entraîné la réduction d'heures pour l'histoire, les mathématiques et le français. Des matières fondamentales en partie remplacées par des cours d'animation, encore peu compris par la majorité des enseignants, les EPI. Ceci n'est qu'un aperçu de la destruction progressive de l'école. Ainsi, Jean-Luc Mélenchon propose logiquement d'abroger la réforme collège 2016.

    Enfin, qui, de nos candidats, parle réellement de culture ?

    Et bien, Jean-Luc Mélenchon est peut-être le seul à avoir compris l'enjeu d'une nouvelle forme de culture, de plus en plus convoitée, source de futurs emplois : les jeux vidéo. La France peut-être l'un des leaders dans le domaine. Aujourd'hui, elle subit encore les attaques de conservateurs qui voient, dans les jeux vidéo, un simple joujou. Je vous laisse apprécier les réalisations de certains studios : Half-Life, Mass Effect, Bioshock, Max Payne ou encore, pour prendre deux exemples français, Assassin's Creed et Another World. Ces jeux, dignes de films, sont loin de la caricature généralement faite. A la Renaissance, le théâtre était moqué, au XXe siècle l'arrivée du cinéma parlant subissait les réticences de salles parisiennes et des intellectuels. Les jeux vidéo font partie d'une nouvelle forme de culture, à ne pas négliger.


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  • La conférence de presse de François Fillon ce mercredi, a été une mise en scène catastrophique de sa déchéance. Son meeting ce jeudi... de la même teneur. Deux moments clés pour cette présidentielle, symboliques d'une campagne présidentielle caractérisée par une grande pauvreté politique.

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  • Les primaires, un nouvel outil au service des deux grands partis : le Parti Socialiste à gauche, "Les Républicains", à droite. Un instrument dont le but implicite est de court-circuiter le premier tour de l'élection présidentielle, tout en s'assurant un petit pactole financier.

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  • Après 2002... 2012 ?  Ce mardi, Jean-Pierre Chevènement a annoncé la couleur au micro d'Europe 1 : "Je serai le candidat pour faire bouger les lignes." Une candidature qui fait secrètement peur au PS.

    Un Sondage secret (publié dans Le Parisien le 29 avril) mené par l'IFOP à la demande du MRC (la formation politique de J-P. Chevènement) préfigure le possible risque d'un retour au 21 avril 2002. Ainsi à la question : "Quelle est la probabilité que vous votiez pour Jean-Pierre Chevènement s’il était candidat ? » 16 % répondent favorablement (dont 21 % des sympathisants de gauche)."

    Le PS ne dit rien, ne bouge pas... en façade uniquement. Car Martine Aubry, la première secrétaire du Parti Socialiste, a déjà rencontré le sénateur du Territoire de Belfort. Mais Jean-Pierre Chevènement n'est plus aussi docile dans les négociations. En 2006, l'ancien ministre avait déjà laissé plané le doute sur une éventuelle candidature pour 2007. Avant finalement de pactiser avec Ségolène Royal et assurer, ainsi, des postes ministériels et des arrangements électoraux pour les législatives et les sénatoriales.  

    Mais déçu par les différents projets PS, notamment sur la position européenne, J-P Chevènement a envie de jouer un plus grand rôle dans le débat.  Et pourquoi pas ramener le PS un peu plus sur sa gauche... A l'heure où Dominique Strauss-Kahn semble (avec François Hollande) être le candidat le mieux placé pour le Parti Socialiste.  

    Le président d'honneur du MRC met la pression sur le PS. Alors peut-il retenter 2002, une candidature solo, sans le fiasco du résultat (JP. Chevènement avait recueilli 5.5% des voix alors qu'il était considéré comme l'un des possibles 3e homme de l'élection présidentielle) ?

    Sa position prônant le Gaullisme social rassemble le large échiquier de la vie politique française. De cette inspiration, il dénonce l'Europe telle qu'elle est aujourd'hui avec sa monnaie unique dont le niveau est surévalué. Il défend l'Europe des peuples, critique le logiciel néolibéral que le PS a accepté, etc.

    Mais Jean-Pierre Chevènement est-il crédible ? Trois doutes :

    - Tout d'abord, il a déjà fraternisé pour l'élection présidentielle de 2007 avec Ségolène Royal  qui, contrairement à ses positions, soutenait le traité constitutionnel  européen.

    - Les Gaullistes, qui étaient une grande partie de son électorat en 2002, ont depuis trouvé d'autres soutiens et notamment le mouvement créé par Nicolas Dupont-Aignan, Debout la République.

    - Enfin si Jean-Pierre Chevènement veut de nouveau être crédible, pourquoi négocier avec le Parti Socialiste ? Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre sous le gouvernement  Jospin, s'est toujours défendu d'être le coupable idéal de la chute de la gauche en 2002. Les partisans de Lionel Jospin et certains socialistes dénoncent encore amèrement la candidature de Jean-Pierre Chevènement en 2002 : il aurait fait perdre le nombre de voix nécessaire pour le maintien de Lionel Jospin au second tour. Evidemment, l'électorat de Jean-Pierre Chevènement en 2002 était loin d'être celui de Lionel Jospin en témoigne ses quelques soutiens tels que le souverainiste William Abitbol, l'historien devenu par la suite sarkozyste, Max Gallo, etc.

    Selon l'histoire du personnage politique , la légitimité de sa candidature passerait certainement plus sur la création d'un nouveau pôle républicain, avec une alliance avec les gaullistes de Nicolas Dupont-Aignan, plutôt que la tentative politicienne d'un nouvel accord électoral avec le PS.


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