• Dans l'Ain, 22 cantons sont renouvelables. Objectif de l'UMP : reprendre la tête du conseil général, à gauche depuis 2008 après 32 ans au pouvoir. Pour cela, l'UMP devra reprendre au moins quatre cantons à la gauche. Mais peut-être que le plus dur sera finalement de conserver les cantons déjà acquis. Parmi ceux-ci, celui de Coligny figure comme l'un des plus indécis.

     

    Crise sociale, côté de popularité de Nicolas Sarkozy toujours en baisse... Dans un contexte difficile, l'UMP, dans l'Ain, devra faire face lors des cantonales 2011. Surtout que l'intention est claire : reprendre la direction du conseil général et faire oublier la claque de 2008. Dans le canton de Coligny, la droite est bien ancrée. Depuis 1998, Jean Bernadac est solidement installé aux commandes. En 2004, les élections lui ont été faciles : élu au premier tour avec 50.5% des voix. La gauche s'était alors contentée d'une opposition pour la forme.

    Cette année, la bataille s'annonce beaucoup plus compliquée pour l'UMP. Jean Bernadac, maire de Coligny, devra affronter le maire divers gauche de la commune la plus peuplée du canton, Marboz, Alain Gestas. Une opposition que l'élu marbozien tient à clarifier dans les colonnes du journal local, La Voix de l'Ain (Vendredi 28 janvier 2011) : "Ce n'est pas un duel de maires, ni de communes. C'est une opposition d'hommes aux aspirations différentes.". Certes... Mais il est incontestable que cette lutte ne se fera pas sur le terrain du jeu Gauche/Droite. "Les électeurs vont surtout voter en fonction des hommes plus que des étiquettes politiques", tient à confirmer Alain Gestas.

    L'un des points forts du programme de Jean Bernadac  est lié à un constat simple : celle de l'augmentation de l'âge de la population sur le canton. L'un des objectifs principaux sous son mandat a été donc la création de deux pôles médicaux de proximité sur le canton. C'est ainsi que deux maisons médicales sont sur le point d'être mises à place sur les deux plus grandes communes.

    Sur ce sujet le challenger divers gauche Alain Gestas revendique aussi sa part de succès. "Lorsque j'ai pris mon mandat de maire en 2008, la maison médicale de Marboz était mon premier dossier. D'ailleurs au début, elle a failli dérailler et devait être implantée sur Saint-Etienne du Bois (ville voisine d'un autre canton ndlr) mais Marboz se devait d'avoir une structure de cet acabit. Avec le maire de Saint-Etienne du bois, on a travaillé intelligemment pour l'élaboration du projet" affirme ainsi le maire de Marboz au micro de FC Radio.

     Les deux élus ont finalement des positionnements proches dont la principale inquiétude est la lutte contre la désertification des campagnes avec pour principal souci, le maintien des services de proximité. En fait, il est difficile de voir la différence politique entre les deux candidats... Hormis peut-être sur la gestion du conseil général. En effet, depuis trois ans, le conseil général de l'Ain a basculé à gauche. Et c'est sur ce point que tente d'attaquer le maire de Coligny. "Aujourd'hui on est dans la minorité départementale. Depuis le vote du budget 2011, je suis surpris qu'il y ait autant de fermetures et de blocages sur le département. Il ya eu des augmentations d'impôt de 20% en trois ans alors qu'auparavant en 13 ans, les impôts n'avaient augmenté que de 19 %. En plus, il y a eu des baisses d'affectation aux subventions aux associations, on bloque également le développement des crèches alors qu'il y a une augmentation démographique sur l'ensemble du département ... Comment accueillir les familles nouvelles ? Je ne comprends pas comment tout cela peut fonctionner dans un cadre social. En revanche lorsque la droite était à l'exécutif, beaucoup de collèges ont été refaits  ou  reconstruits, et sûrement avec un coût bien supérieur que si c'était resté en procédure. On a fait un tas de choses, et là je ne comprends pas qu'il y ait eu une coupure immédiate," dénonce  sur RCF Jean Bernadac.

    Mais le vice-président de la communauté de communes, Alain Gestas, défend la politique menée par la majorité qui le soutient . En outre, il  accuse la réforme territoriale engagée par N.Sarkozy en 2008 qui prévoit, entre autres, la fusion pour 2014 du département à la région :

    "Ma vision est celle d'une gestion de proximité pour que tous les cantons du département puissent évoluer. Au niveau du département, ce que je peux dire c'est que ces ressources ne sont pas très lisibles pour l'instant car l'Etat ne garantit pas les affectations budgétaires suffisamment à l'avance et ne définit pas très clairement les contours  : une partie des compétences du département vont être petit à petit déplacées vers la région dans la trame de la réforme territoriale et une partie des ressources du département a été supprimée via les ressources fiscales locales. Le département n'a plus de vision nette de ce qu'il peut redistribuer aux communes.   C'est normal qu'il y ait donc un peu de prudence pour ne pas redistribuer ce que l'on ne possède pas. Cette réforme sur la collectivité territoriale veut faire passer le statut du conseiller général vers celui de conseiller territorial, c'est une mesure d'importance car elle a une signification. La gestion de nos territoires au plus près de la population va être remise en cause. Comment voulez-vous qu'un conseiller territorial qui à la fois siège à Charbonnière (ndlr : à 105 km de Marboz, principale commune du canton) et au conseil général puisse être encore très présent auprès de ses administrés ? ça va être compliqué car la proximité du conseil général est remise en cause," conclut sur cette même radio le maire de Marboz.

     

    Enfin un point de discordance entre les deux candidats dont l'élection se jouera certainement plus sur l'appréciation de la personnalité que sur cette divergence.

    Jonas


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