• L'onde de choc du 6 décembre 2015, puis le probable séisme (magnitude 6) du 13 décembre, ne fait pas sourciller le Parti Socialiste. Au pouvoir depuis 2012, prônant l'alternance de la droite sarkozyste, le Parti Socialiste n'a toujours pas tiré les leçons de ses échecs. Peu importe, il reste le parti majoritaire et son statut de monopole à gauche assure une sécurité provisoire pour ses élites. Les Français sont déboussolés et le Parti socialiste se "désocialise."

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    "Tout va bien Madame la marquise"

    L'heure n'est pas à l'autocritique. Après les résultats du 1er tour des élections régionales, les leaders PS critiquent la droite, critiquent le discours FN, critiquent les abstentionnistes, critiquent les autres forces de gauche (las de la politique gouvernementale), critiquent tout le monde... Sauf lui-même. A croire que le PS, n'a aucune responsabilité, par exemple, dans la montée du chômage et donc, des votes. 

    Pourtant, l'histoire joue contre le PS : fait inédit, il risque non seulement de ne gagner que deux régions (sur 13 en métropole) mais il est parvenu, aussi, sous son quinquennat, à faire grimper un FN, qui pourrait obtenir, au minimum, deux régions.

    Tout est dans le paraître

    Les analystes pouvaient donc prévoir un Parti Socialiste en phase de combat, de résistance face à la montée de l'extrême droite. Et bien non... Face à l'adversité, le PS choisit le renoncement. Une décision prise, à Paris, contre l'avis d'une partie des acteurs locaux. Dans trois régions, le PS appelle au désistement de ses listes. Trop distancé pour espérer battre le FN ou même les ex-UMP, au second tour, le PS décide de jouer la carte du "front républicain." Courageux ? Prise de conscience républicaine pour combattre le FN ? En fait, cette tactique tient plus de la lâcheté que d'un certain courage. D'ailleurs, des comités et militants socialistes de province n'ont pas hésité à fustiger la position du secrétariat national et de son chef de file J-C. Cambadélis (voir à ce sujet, par exemple, les tweet du PS Nice-Ouest).

    Les instances nationales espèrent faire passer le PS pour le cheval blanc républicain, en défendant les listes de son parti concurrent historique, la droite libérale, pour combattre le FN. Tentative vaine... En effet, l'écart étant, non seulement, trop conséquent avec le FN à l'issue du 1er tour (plus de 15 points d'avance dans le Nord-Pas-deCalais Picardie, et plus de 16 points en PACA), mais il est aussi ridicule de prévoir une victoire finale par un calcul arithmétique. En effet, les différentes élections ont déjà montré que les listes, se désistant, ne peuvent provoquer un engouement total de ses électeurs vers la liste fusionnée ou soutenue. Au contraire, cette tactique ne fait que renforcer l'argument numéro 1 du FN : le système UMPS (ou LRPS, de l'acronyme des deux deux principaux partis modérés). Celui du blanc bonnet, bonnet blanc. Et comment ne pas comprendre ces électeurs, qui se tournent vers le FN, du fait d'un ras-le-bol généralisé, de promesses non tenues, quel que soit le parti modéré au pouvoir.

    Le PS discrédite ses propres forces

    Egalement, le discours du Premier Ministre, Manuel Valls, le lundi 7 décembre, sur le plateau de TF1, tient de la faute politique. Le chef du gouvernement demandait explicitement, tout comme le secrétaire général du PS, le retrait de la liste PS dans la région Alsace - Champagne-Ardenne - Lorraine, menée par J-P. Masseret. Ce dernier, refusant le diktat de la rue Solférino, souhaitait maintenir sa liste (malgré son retard de 20 point sur la liste FN de Florian Philippot). Inacceptable pour la direction du PS qui considère toute décision, prise à Paris, comme imposée et non discutable. Manuel Valls a, donc, publiquement, et ce, malgré le maintien de Masseret, appelé à voter pour la liste des ex-ump, "Les Républicains", conduite par Philippe Richert. Une position qui brouille, encore et toujours la ligne du PS. Le système "UMPS" dénoncé par le FN n'est que confirmé par cette ligne directrice.

     Ne pas aller au combat est aussi une solution simple. En cas de victoire de la droite modérée sur l'extrême, le PS s'attribuera la victoire morale. En cas de défaite, le PS fustigera la campagne de l'opposant "Républicain." 

    Enfin, comment le PS considère-t-il ses alliés ? Avec le plus profond mépris. Le petit mouvement du MRC s'est retrouvé piéger (une nouvelle fois), un peu naïvement. Des accords conclus sur les listes, avant le premier tour, devait assurer la position de leurs membres, quoi qui'il arrive, selon le résultat électoral. Par exemple, en Ile-de-France, les positions du MRC ont été rétrogadées, entre les deux tours,  au profit des écologistes et des communistes (qui avaient conduit leur propre liste au 1er tour). Sans être candide, ces manigances étaient prévisibles, et ce, bien avant le 1er tour. Déjà en 2010, le Parti Socialiste avait fait le même coup. Et personne ne pouvait penser que Claude Bartolone, en Ile de France, pouvait l'emporter au 1er tour avec la majorité absolue. Dans tous les autres cas réfléchis, cela induisait forcément une fusion et une négociation avec les écologistes et les communistes... Au détriment du MRC.

    Toutes ces manoeuvres ne font que précipiter l'implosion du PS. Comment l'aile gauche du PS, mais aussi les socialistes de convictions - des autres courants - peuvent se reconnaître dans ces entreprises couardes ? Désormais, qui pour relever la gauche de ce marasme ?

    Jonas

     

     

     


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  • Article détaillé à retrouver sur :

     

    L'UMP EST-ELLE PRISE AU PIÈGE PAR MANUEL VALLS ET L'EXTRÊME DROITE ?


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    LE PS VA-T-IL SE REMETTRE DE CE QUINQUENNAT ?


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    2014 : LE DEUXIÈME TOURNANT LIBÉRAL HISTORIQUE DU PARTI SOCIALISTE


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  • Bayrou, Borloo, De Villepin, Sarkozy, Le Pen... Du centre à l'extrême, la droite implose. Comme quoi la droite, et surtout l'UMP, s'inspire bien du Parti Socialiste pour se diviser. Mais quels seront les probables candidats pour 2012 face à Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen ?

    François Bayrou est peut-être l'homme politique qui a officialisé le plus rapidement sa candidature pour la présidentielle de 2012... du moins de façon officieuse. Et cela depuis la création clownesque d'un  gouvernement virtuel pour préparer son hypothétique victoire, en septembre 2010. Mais François Bayrou est l'homme politique qui a peut-être le plus mal géré sa crédibilité politique : D'une part à cause de ses nombreux et hasardeux copier-coller basés sur le modèle politique anglo-saxon, dont le shadow cabinet, et d'autre part de l'image qu'il renvoie, avec l'exemple de son altercation avec Daniel Cohn-Bendit lors d'un débat télévisé (Mots croisés, le 4 juin 2009).. Mais sa plus grosse erreur aura été certainement ce qu'il aura pris pour une victoire "trop "personnelle : la présidentielle de 2007.

    Modem, le parti de la discorde

    Après avoir recueilli plus de 18% en 2007, François Bayrou est le troisième homme de la vie politique française. Il dissout alors l'UDF pour fonder le Modem. Un parti qui devait promouvoir l'indépendance du centre face à l'UMP mais qui sert finalement d'appareil au service du leader politique, François Bayrou. Certaines têtes pensantes quittent alors le navire, préférant un centre pouvant peser sur les idées de l'UMP (Hervé Morin, Michel Mercier, etc.). Au niveau national, les résultats catastrophiques des dernières élections témoignent la perte de confiance continue des Français vis-à-vis de François Bayrou : Le Modem ne fait que 8.46% des suffrages aux élections européennes et 4.2 % aux élections régionales de 2010 (moyenne nationale). De quoi être pessimiste pour 2012, mais François Bayrou croit encore en ses chances alors... se présentera-t-il ? certainement. D'autant plus que la main tendue par Jean-Louis Borloo, sur le plateau de "A vous de juger", n'a pas été acceptée par François Bayrou. Ce dernier préférant voir, dans la création du nouveau parti Borloo, une tentative d'intox pour ramener les voix centristes vers l'UMP de Nicolas Sarkozy. Bayrou, un cavalier seul, trop seul pour peser sur l'élection.

    Borloo, intox ou crédible ?

    Une cause d'échec qu'a bien compris Jean-Louis Borloo. Pour gagner une bataille électorale, il faut être uni et rassemblé. Jean-Louis Borloo veut s'assurer du soutien d'une partie du nouveau centre (dont Hervé Morin), quelques écologistes (dont certainement le Cap 21 de Corinne Lepage) et des gaullistes déçus du sarkozysme. Une confédération des centres qui n'a pas encore de parti mais qui voit peu à peu le jour. Ses intentions sont peu claires : présenter un candidat pour 2012 ? faire de l'intox pour faire peur à l'UMP (mission déjà partiellement réussie) ? Contrer le Modem de Bayrou ? Amener le maximum des voix centristes à l'UMP ? L'effet d'annonce de Jean-Louis Borloo sur le plateau de "A vous de juger", début avril, est en effet peu compréhensible. Voilà qu'un ancien ministre sous la présidence Sarkozy, qui a défendu la politique du maitre à penser de l'UMP, qui a fait du pied pendant deux mois au Président pour une place tout en haut du gouvernement, se met à comploter avec des anciens ministres sarkozystes... Tout cela pour former une alternative... Fiable ?

    N'est-ce pas plutôt pour tenter d'approcher un candidat plausible mais encore discret du nom de... Dominique de Villepin ? Peut-être que plus le projet politique, il s'agirait pour Borloo et de ses amis de trouver un candidat idéal pour contrer Nicolas Sarkozy. Et Dominique De Villepin serait ainsi le favori. L' alternative ne serait donc pas sur le projet politique mais sur la personne à placer en haut de la hiérarchie. Du coup, les ex-ministres sarkozystes, déçus, déchus, oubliés ou voulant devenir Calife à la place du Calife, se retrouveraient de nouveau dans les bons petits papiers du nouveau Président de la République.


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