• Chaque ministre y va de sa réforme(tte) pour s'inscrire dans l'histoire : X. Darcos, C. Allègre, J. Lang, etc. Des réformes qui durent parfois quelques mois, quelques années... La nouvelle réforme "collège 2016," de Najat Vallaud-Belkacem, dont les programmes restent à finaliser, provoque déjà des remous. Quel est, en effet, l'intérêt de couper des heures d'histoire, de français ou de mathématiques alors que les inégalités du savoir acquis augmentent ? 1

     

    Non, la réforme "collège 2016" "ne s'attaque pas aux fondamentaux." C'est ainsi que la ministre de l'éducation, Najat Vallaud-Belkacem, a tenté d'éteindre un début d'incendie dans un tweet daté du 3 mai. Pourtant lorsque l'on regarde de près, à quoi pourrait ressembler le futur emploi du temps d'un collégien, les matières fondamentales sont bel et bien attaquées. Prenons l'exemple d'un élève de 5e 2 : Un peu moins de français et de mathématiques pour faire place aux EPI. Voilà l'innovation : les EPI, Enseignements Pratiques Interdisciplinaires ! Il s'agit là de croiser plusieurs matières dans l'une et de proposer à l'élève un projet collectif. Vague... D'autant plus que cet hybride ressemble fortement aux heures de projets en lycée professionnel ou aux célèbres TPE (travaux personnels encadrés) pour les 1res des séries générales. Ces deux dernières matières ont une utilité critiquable dans le système éducatif tant d'un point de vue des élèves que des professeurs... les EPI, une mauvaise recette qui existe donc déjà, sous une autre forme en lycée, et qu'on tente de lancer au collège.<o:p></o:p>

    C'est bien la nouvelle évolution de notre éducation qui est donc à repenser. Que veut-on faire de l'école ? Privilégier certaines classes sociales par rapport à d'autres ? Car si le savoir fondamental (histoire, français, mathématiques) n'est pas appris à l'école, ceux qui auront un capital culturel - comme le disait Pierre Bourdieu - auront évidemment un certain avantage par rapport aux autres.<o:p></o:p>

     

    Alors quelle école pour demain ?<o:p></o:p>

     

    La réforme "collège 2016" semble être la continuité d'une déchéance éducative.<o:p></o:p>

    Actuellement, il y a une remise en cause du redoublement3, de la notation4, de l'autorité professorale (cela mérite d'ailleurs un chapitre entier), etc.<o:p></o:p>

    Dans certains lycées, le plus souvent professionnel, des élèves arrivent (le plus souvent des adolescents issus des classes sociales les plus faibles) sans comprendre une question simple et sans rédiger une réponse sans faute d'orthographe. Il ne s'agit pas là de démagogie. Il suffit de rencontrer des professeurs de banlieue parisienne (et certainement d'autres villes) et de voir les copies des élèves. Que fait-on pour enrayer cette spirale ? Les EPI, la baisse des heures des matières fondamentales, favoriser le passage des élèves en classe supérieure, augmenter le taux de réussite du bac5, etc.<o:p></o:p>

    Avant de créer une école devenue "branchouille" où le sport et les EPI ont pratiquement plus d'importance que l'histoire ou les mathématiques, l'Éducation ne doit-elle pas s'attaquer à quelques points évidents ?<o:p></o:p>

    - Les sureffectifs dans les classes<o:p></o:p>

    - Maintenir et renforcer les matières fondamentales, comme l'histoire, permettant l'acquisition d'un savoir républicain.<o:p></o:p>

    - Dédoublement de ces disciplines : faciliter l'apprentissage à travers des effectifs réduits.<o:p></o:p>

     

    Tout le monde s'accorde de gauche à droite de l'échiquier politique, en passant par les rapport PISA : l'École française est en crise. Malheureusement la réponse donnée est un nivellement par le bas, pour des raisons qui semblent plus idéologiques que réfléchies. Les Français ne demandent pas aux ministres de ne pas agir mais d'agir avec discernement.<o:p></o:p>

     

    Jonas 

     

    <o:p></o:p>

    nvb

    Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale depuis août 2014

     

     

     

     

     

     

     

    1. Outre la mauvaise position de la France par rapport aux autres pays, les rapport PISA dénoncent régulièrement l'écart social de notre système d'éducation<o:p></o:p>

    2. bien illustré par un article du "Parisien" : http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/la-nouvelle-journee-des-collegiens-en-2016-10-04-2015-4679689.php<o:p></o:p>

    3. « Cela fait des années qu'il est avéré que le redoublement est assez inefficace pédagogiquement parlant, qu'il est démotivant pour les élèves et par ailleurs qu'il est coûteux », Najat Vallaud-Belkacem, le 23 septembre 2014<o:p></o:p>

    4. Proposition du jury mené par Benoît Hamon à la Conférence nationale sur l'éducation. Najat Vallaud-Belkacem a eu le courage de renoncer à cette mesure.<o:p></o:p>

    5. Pour le bac général : en 1960, le taux de réussite était de 69%, il était de 90.9% en 2014. Pis, en bac technologique, en 1960, le taux de réussite était de 57.7%, en 2014, il était de 90.6%<o:p></o:p>

     

    (Article également disponible sur le site des jeunes du MRC : http://www.jeunes-mrc.fr/A-quoi-joue-t-on-avec-l-education-La-reforme-du-college-2016--une-enieme-erreur_a86.html)


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  • Passer de 22 à 13 régions apporterait, selon la majorité présidentielle, un gain financier et une puissance politique. Dit comme cela, on peut se dire qu'effectivement les petites régions rurales ont tout à gagner avec la nouvelle réforme. En réalité, ce projet ne sera ni bénéfique pour les citoyens, ni pour l'Etat qui cherchait à grappiller quelques deniers en temps de crise. Explications.

    Des économies, vraiment ?

    Le 1er ministre, Manuel Valls, l'affirme : "cette réforme est incontournable."

    Pourtant, si le gouvernement espère des économies avec la fusion de régions, et, par conséquent, des compétences et des élites, c'est tout l'inverse qui se produira.

    Un article du "Huffington Post" du 16 janvier 20141 apporte un élément de réponse :

    Certaines compétences des départements passeront aux régions (et ce, pour simplifier les domaines et champs d'activités du "fameux" millefeuille territorial). Cela aboutira évidemment à un alignement salarial des agents qui travaillent pour les collectivités. Dans notre système cela reviendra à aligner les agents les moins bien rémunérés vers "le haut." Une chance peut-on se dire pour nos agents. Pas forcément, puisque pour subvenir à ses nouveaux besoins, la collectivité régionale devra forcément se doter d'une fiscalité. A l'heure, où les collectivités territoriales doivent justement se passer d'une bonne partie de l'Etat pour répondre à la solidarité de la dette française, la fiscalité passera par un impôt sur les citoyens.

    Egalement, le budget alloué à la région représente environ 2% de la dépense publique (soit environ 28 Mds euros). Une goutte d'eau. L'Etat recherche donc à rationnaliser l'action publique là où les manœuvres de réductions des marges sont extrêmement réduites.

     

    Le think tank libéral, IFRAP (L'Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques ) est pourtant optimiste :l'Etat peut réaliser des économies à hauteur de 2 milliards d'euros par an...Seule condition et non des moindres, quasiment impossible à réaliser : "que la future gestionsoit calquée sur celle de la région la moins dépensière, actuellement, celle des Pays de la Loire."2

    Des économies de bouts de chandelles qui risquent aussi de se transformer en dépenses non prévues. En effet, la fusion de régions signifie la rationalisation de l'action publique et la centralisation de la décision politique. La "super-région" devra contrôler, gérer et amener du personnel (élus, fonctionnaires, etc.) en un même lieu qui engendrera automatiquement un coût (difficilement chiffrable aujourd'hui).

    Une réforme qui rompt le lien avec le citoyen

    Le Front National a actuellement le vent en poupe. L'une des raisons tient à la contestation du politique par le citoyen (tous pourris, l'élu coûte cher, perte de confiance, etc.). Sociologiquement, les meilleurs scores du Front National sont acquis dans les territoires ruraux. La nouvelle réforme souhaite agrandir les régions et les cantons. Un tel projet éloigne le citoyen de l'élu censé le représenter. En effet, le conseil général qui administre la politique d'un canton, en lien souvent étroit avec les intercommunalités, a de réels effets sur la vie quotidienne du Français. L'élu du conseil général a une présence sur son territoire. Dans les zones rurales, il s'agit souvent d'une personnalité connue de toutes et de tous. Passer d'un canton qui regroupe, par exemple, une dizaine de communes avec une densité de 10 000 habitants, à un canton de trente communes d'une densité de 30 000 habitants, aura des effets directs sur l'action publique. Le "super-canton" ne pourra concentrer toute son action politique sur les 3 cantons et certaines villes ou gros villages seront privilégiés.D'autant plus, en cette période de disette où les collectivités locales doivent se serrer la ceinture.

    Cette réforme a surtout été pensée par une vision parisianiste de l'action publique.Paris ayant sa spécificité (le conseil de Paris administrant aussi bien la commune que le département), le politique n'a pas la même relation avec le citoyen que dans les territoires ruraux. La réforme a été conçue pour le "Grand Paris"  : Permettre à Paris d'être une super puissance publique lui permettant notamment de "gouverner" la politique de la petite couronne.

    Quelle réforme ?

    Les professeurs en administration publique sont certainement unanimes : le millefeuille territorial français est d'une immense complexité. Certaines compétences entre la région, le département et les intercommunalités se chevauchent (l'aménagement du territoire, les aides au développement économique de certains territoires, les aides aux associations, etc.).

    Il est évident que la problématique de la région parisienne n'est pas du tout la même que dans les territoires ruraux (liée à l'économie, aux transports, etc.). En revanche, en "province", la région peut être perçue comme technocratique loin des préoccupations locales d'un terroir. Il n'est donc pas insensé d'offrir aux départements les compétences des régions. Plusieurs difficultés peuvent toutefois découler de cette suppression. Certains départements ont besoin d'être interconnectés pour leur propre développement (comme Lyon a une influence sur l'activité économique et politique des départements voisins). Une des solutions serait donc de remplacer l'actuel conseil régional par la réunion des conseils généraux. Une mesure qui, contrairement aux "super-régions", n'empiète pas sur la puissance publique de l'EtatEt quelques économies seront réellement faites...

    Jonas

    Article disponible sur http://mrc92.fr/index.php/2014/12/pourquoi-la-reforme-sur-la-fusion-des-regions-et-des-cantons-est-une-betise-politique-contribution-de-jonas/

     

    1. http://www.huffingtonpost.fr/2014/0...

     

    2. http://bfmbusiness.bfmtv.com/france...


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