• ANALYSE. Le Medef (principale organisation patronale) est en train de gagner la bataille des idées. Les syndicats sont devenus atones. La bataille médiatique autour de la grève à Air France et les divers conflits sociaux l'illustrent. Une bataille qui va plus loin que la représentation des syndicats, le système social est également martelé avec succès. Presque deux siècles après les thèses de Karl Marx, la société est ainsi d'autant plus divisée en classes dominantes/dominées.

     

    Emmanuel Valls et Pierre Gattaz

    Plusieurs facteurs ont permis l'effondrement programmé d'un système social de protections pour les classes les plus faibles. Le Parti Socialiste a évidemment favorisé ce basculement idéologique. Pourtant, l'origine du socialisme reposait justement sur la défense des plus faibles et "la révolte contre les injustices" (déclaration de principes de juin 2008). Mais le nouveau tournant libéral du PS de 2014 et la volonté de réformer le travail - sur la continuité de ce qu'avait tenté la droite libérale sous Nicolas Sarkozy - ont détruit le dialogue social et la légitimité des syndicats (situés majoritairement à gauche). Certains d'entre eux (comme la CFDT) avaient d'ailleurs appelé, publiquement (chose rare en France), à voter François Hollande en 2012, par peur de la poursuite de la politique "Sarkozyste." Dupés mais aussi naïfs, les syndicats ont donc été pris au piège par l'évolution du socialisme vers le social-libéralisme. Pis, le gouvernement a même affiché clairement son interlocuteur privilégié pour les conflits sociaux : le MEDEF (représentant le grand patronat). Les signes d'humiliation contre les syndicats sont alors devenus patents et nombreux : Manuel Valls applaudi lors de l'université du MEDEF (août 2014), le CICE (cadeau de 20 milliards d'euros fait aux entreprises sans contrepartie d'embauches), la remise en cause des 35 heures (par l'ex-ministre du travail François Rebsamen et le ministre de l'économie Emmanuel Macron), la tentative de plafonnement des indemnités prud'homales pour les entreprises licenciant sans cause réelle ni justifiée, etc.

     

    Avec certitude, le gouvernement socialiste et le siège du PS, rue de Solférino, assument ce virage. Cela passe également par des mots et des codes attribués auparavant à la Droite. Parfois de manière insidieuse dont l'objectif est, sur le long terme, d'arriver à la consolidation d'un système où règnent "l'intelligentsia" et "l'establishment". Ceux qui gouvernent, ou ont gouverné, gardent des billes dans les grandes entreprises. Ils se placent1, placent leurs collaborateurs2, et n'ont aucune raison de bousculer cet "establishment". Le jour où les élites politiques sont remplacées, elles trouveront ainsi refuge facilement.

    Exemple concret et récent du discours insidieux emprunté à la droite libérale  : l'attaque contre les fonctionnaires par Emmanuel Macron (septembre 2015). Une cible facile, puisque les fonctionnaires cristallisent les crispations dans une société en crise sociale. Le fonctionnaire, cette personne dont l'emploi est si stable. Le PS joue donc de la fracture entre le privé et le public pour remettre en cause un statut de "privilégié." Les médias sont évidemment parties prenantes de ce jeu. Il est facile de choisir cinq personnes dans la rue qui dénoncent le nombre de fonctionnaires ou de réaliser un sondage biaisé dont la question est rhétorique "trouvez-vous qu'il y a trop de fonctionnaires ?". Néanmoins, lorsque vous posez aux personnes répondant "oui," la question de : "êtes-vous donc prêts qu'il y ait moins de professeurs et soyez obligés d'envoyer votre enfant à 20 km de votre lieu de résidence dans une classe de 40 élèves ?" ou "êtes-vous donc d'accord d'attendre près de 10 heures à l'hôpital du fait de la réduction du nombre d'infirmiers/ères ?". La réponse sera là aussi toute trouvée. Mais ces dernières questions ne seront pas mises en avant car elles ne participent pas à l'objectif souhaité et voulu par une classe dominante. Tout le mécanisme est insidieux. Il ne s'agit pas d'une théorie "complotiste" mais d'une stratégie structurelle : celui d'affaiblir l'Etat pour privatiser, et laisser aux grands groupes privés la mainmise des décisions. L'une des causes de ce but : la connivence entre politique et intérêts privés.

     Instituer l'idée que l'Etat devrait revoir le statut des fonctionnaires fait ainsi son chemin. Pour éteindre l'incendie conjoncturel provoqué par Emmanuel Macron (en réalité par la volonté gouvernementale du Premier ministre, Manuel Valls ou du Président de la République, François Hollande), le Premier ministre, Manuel Valls, a indiqué que la question n'était pas à l'ordre du jour, tout en soutenant l'action de son ministre de l'économie. Une petite tape sur les doigts qui a un but concret : provoquer le débat au sein du Parti Socialiste et se positionner en tant que réformateur et "moderniste." Et cela marche. Si bien que l'idée de réformer le statut des fonctionnaires reviendra prochainement sur la table. Ne pas avoir le soutien des professeurs ? Qu'à cela ne tienne ! Le Parti Socialiste se posera comme celui qui fait bouger le mammouth de l'éducation nationale, devançant la droite libérale sur le sujet. Le tout avec le soutien logique du MEDEF et de ses penseurs. En face, les syndicats sont impuissants face à la machine infernale du "modernisme" libéral. D'Emmanuel Macron à Alain Juppé, en passant par François Bayrou ou Nicolas Sarkozy, c'est à dire ceux qui représentent les partis "modérés" pour la classe médiatique, ont exactement le même discours sur ces sujets : l'État doit être moins impliqué dans l'économie, au profit du marché ; les fonctionnaires sont des coûts insurmontables pour le pays ; le code du travail doit laisser le marché plus libre dans ses actions ; les syndicats sont des blocages aux réformes "modernistes", etc.

    Si bien qu'aujourd'hui, les "modernistes" peuvent se rapporter à la classe dominante. Oui, classe dominante à la marxiste. En effet, les rapports sociaux et la violence de la fracture sociale (idée chère de Jacques Chirac en 1995) sont tels qu'ils poussent les analyses libérales, alter- et anti-libérales à raisonner de manière marxiste. Il suffit de regarder les inégalités pour constater qu'elles s'aggravent entre les plus faibles et les plus puissants ( près de la moitié des richesses mondiales sont aujourd'hui détenues par 1% de la population.) .3 et 4 Pourtant, la participation à l'effort de la collectivité est proportionnellement plus importante pour les classes sociales les plus faibles.A mesure que le Français monte dans l'échelle des revenus, le taux effectif d'imposition diminue.6

     De fait, cette classe dominante veut conforter son assise. Cela passe par des tentatives d'influence ou un "entrisme" des groupes privés vers les "grands" partis majoritaires. Ces derniers, ne souhaitant pas s'affaiblir, évoluent dans le sens des "décideurs" économiques. Emmanuel Macron mais aussi Dominique Strauss-Kahn ou encore Pierre Moscovici sont les figures de l'évolution "moderniste" du socialisme. Conséquence : les milieux les plus faibles sont les premières victimes de ce système. Une classe d'autant plus dominée que les syndicats sont amorphes face au rouleau compresseur "moderniste." Les "petits" fonctionnaires (personnel hospitalier, professeurs, etc.) sont tout aussi impactés avec le gel des salaires, la mise en œuvre d'une "rentabilité" de leur travail, etc. Il s'agit pour les dominants de casser le système social et protecteur de l'Etat (SMIC, sécurité sociale, assurance chômage, etc.) au profit du marché, où seuls les plus forts ont leur place. Logiquement, les inégalités augmentent, les riches s'enrichissent, les pauvres s'appauvrissent... La loi de la jungle. La République Française est touchée en son cœur. 

     

    SYNTHÈSE / CONCLUSION

    Les syndicats sont dans un état lamentable. Pourquoi ? parce que le MEDEF a gagné la bataille idéologique. Pourquoi a-t-il gagné la bataille idéologique ? Parce qu'il est devenu l'interlocuteur privilégié, y compris par le gouvernement socialiste (avec l'éclosion du social-libéralisme). De Macron à Juppé en passant par Sarkozy ou Bayrou, tous remettent en cause la légitimité des syndicats. Les médias sont parties prenantes de ce constat. Pourtant, avec 7% de syndiqués, les forces sociales sont plus représentatives que les partis... Mais ça le dit-on ? non. Pourquoi ? pour ne pas rendre illégitime l'entreprise, de destruction sociale, des décideurs politiques. Cela passera par la remise en cause perpétuelle du code du travail, les reculs de l'âge légal du départ à la retraite, la suppression d'avantages sociaux, la précarisation des contrats (fin prochaine du CDI ?), le rallongement du temps de travail, etc.

     

    La défaite des syndicats face aux « modernistes » disponible également sur Agoravox.

     

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     1. Cela se voit plus nettement lorsque cela fait polémique. Exemple parmi d'autres avec la nomination de François  Brottes à RTE http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/decryptages/2015/07/23/25003-20150723ARTFIG00229-nomination-de-brottes-a-la-rte-l-astuce-du-ps-pour-s-eviter-une-legislative-partielle.php

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    2. Là aussi les exemples sont pléthores comme l'affaire Agnès Saal : http://www.lepoint.fr/societe/apres-les-exces-de-taxi-agnes-saal-recasee-au-ministere-de-la-culture-20-05-2015-1929927_23.php ou encore l'Affaire des sondages de Pierre Giacometti sous le quinquennat précédent http://www.leparisien.fr/faits-divers/sondages-de-l-elysee-sous-sarkozy-pierre-giacometti-mis-en-examen-29-09-2015-5138447.php

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    3. http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20140120trib000810501/les-85-plus-riches-du-monde-possedent-autant-que-les-35-milliards-les-plus-pauvres.html

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    4. http://www.inegalites.fr/spip.php?page=analyse&id_article=2088&id_rubrique=110&id_mot=30&id_groupe=9

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    5. http://bercy.blog.lemonde.fr/2011/01/20/les-10-de-francais-les-plus-riches-detiennent-62-du-patrimoine/

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    6. Analyses de Thomas Piketty

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  • Les syndicats sont dans un état lamentable. Pourquoi ? parce que le MEDEF a gagné la bataille idéologique. Pourquoi a-t-il gagné la bataille idéologique ? Parce qu'il est devenu l'interlocuteur privilégié, y compris par le gouvernement socialiste (avec l'éclosion du social-libéralisme). De Macron à Juppé en passant par Sarkozy ou Bayrou, tous remettent en cause la légitimité des syndicats. Les médias sont parties prenantes de ce constat. Pourtant, avec 7% de syndiqués, les forces sociales sont plus représentatives que les partis... Mais ça le dit-on ? non. Pourquoi ? pour ne pas rendre illégitime l'entreprise, de destruction sociale, des décideurs politiques. Cela passera par la remise en cause perpétuelle du code du travail, les reculs de l'âge légal du départ à la retraite, la suppression d'avantages sociaux, la précarisation des contrats (fin prochaine du CDI ?), le rallongement du temps de travail, etc.


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  • aylan-turquie-migrants_5408185

     

      Ma position ne collera pas avec l'orthodoxie bien-pensante mais :

     

    Je ne comprends pas l'irresponsabilité et la démagogie ambiante de nos politiques. Ce discours électoraliste pour faire pleurer dans les chaumières. Un politique, qui a le sens des responsabilités, ne peut pas, en quelques semaines, affirmer "on ne peut pas accueillir toute la misère du monde" et le lendemain, parce qu'il voit une photo de ce pauvre enfant, faire la couv' des journaux, promouvoir l'accueil massif des réfugiés (tout simplement parce que la photo émeut). Un peu de réalisme et de responsabilité ! Le plus grand respect vis-à-vis des peuples est d'être cohérent et responsable. Le politique ne peut pas être constamment dans le pathos, en réagissant à l'instant. La photo de cet enfant, est horrible. Malheureusement, cela fait des années que des photos, comme celles-ci, auraient pu être prises au large des côtes européennes. Néanmoins, c'est cette photo, d'Aylan qui fait la une de nos JT depuis deux jours. En conséquence, le politique réagit à l'excès, de manière disproportionnée, parfois de manière poétique, romantique à l'événement. Des réactions, comme celle de J-C. Cambadélis, si populiste qu'on peut se poser la question de l'honnêteté de la démarche. En effet, le politique rajoute de l'émotion pour attirer le média sur sa personne. Car dans notre monde, où prime l’instantanéité de l'information, aucun politique ne souhaite être mis à la marge. Il en va de leur carrière et de l'inscription de leur nom dans l'histoire, peu glorieuse, de l'événement...

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    Un problème connu de longue date

    Le problème des migrants ne date pas d'aujourd'hui. Il n'y a qu'à regarder l'entassement humain à La Ceuta ou à Melilla depuis 20 ans voire plus. Les politiques surréagissent-ils lorsque des désepérés tentent de franchir chaque jours les barbelés et lames tranchantes de ces enclaves ? Ou encore ce migrant venu d'Afrique qui a tenté de rejoindre "l'eldorado" européen, en se cachant dans le moteur d'une voiture... Les politiques ont-ils été aussi attentionnés sur le problème ? Malheureusement, quelques brèves dans la presse écrite ont eu raison de la réaction des politiques... Celle de ne rien voir... C'est vrai, BFM TV, I-Télé ou TF1 n'accordent que peu d'importance à ces "faits divers". 

    Après tout, le problème des migrants africains ne nous concerne pas... Laissons l'Italie ou l'Espagne agir et se débrouiller...  Même s'il y a quelques semaines, les politiques semblaient bien embêtés de découvrir des réfugiés, perdus à Vintimille, en Italie, à quelques centimètres de notre frontière. 

    La photo de ce petit corps d'Aylan, échoué sur une plages  nous aura au moins appris quelques enseignements :

    - Le décicdeur politique semble se satisfaire d'une discrimination sur les migrants, qu'ils viennent d'Afrique ou du Moyen-Orient.

    - L'échec de l'Union Européenne sur "le problème migrants", couvrez ce sein que je ne saurais voir. Depuis des années, nous pouvions avoir un discours cohérent et une politique structurelle pour faire face, un minimum, à un afflux massif.

    - La France a aussi sa part de responsabilité dans l'inaction au sein de l'Union Européenne. Les enclaves de la Ceuta ou Melilla ne sont pas qu'un problème hispano-africain. 

    - L'Europe est bien impuissante et faible face aux États-Unis. Le problème des réfugiés du Moyen-Orient sont aussi dus à la politique désastreuse des États-Unis dans la région.

     

     

     

     


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  • La situation grecque en Europe est révélatrice de certains positionnements politiques.  Elle révèle là-aussi le glissement vers la droite du Parti Socialiste. Un PS qui abandonne totalement sa gauche...<o:p></o:p>

                                                             roseps 

     

    De l'abandon du socialisme gouvernemental...<o:p></o:p>

     

    "Socialiste" est-il devenu un gros mot pour le PS ? En tout cas, les signaux se répètent depuis 30 ans et les contractions sont de plus en fréquentes depuis plusieurs mois. Jusqu'à l'accouchement du 2e tournant libéral d'avril 2014 posant les bases du "social-libéralisme." le Premier ministre Manuel Valls annonçant clairement ses intentions :  agir principalement sur l'offre et non la demande. Sous-entendu, il s'agit de ne plus donner directement de coups de pousse aux salariés, les plus en difficultés, mais d'offrir aux entreprises des "cadeaux" pour les convaincre d'embaucher. Il s'agit du pacte de responsabilité, une idée directement reprise de la droite libérale (nouveaux allègements de cotisations sociales et baisse de la fiscalité pour les entreprises).

     

    En accord avec cette ligne libérale, Manuel Valls avait fait voter, fin avril 2014, le programme de stabilité (gel des salaires des fonctionnaires, la baisse des aides aux collectivités locales et aux organismes publics, etc.) destiné à appliquer une rigueur budgétaire. Son aile gauche a mal, elle souffre. Mais le gouvernement dit "socialiste" n'en a que faire. Il maintient son cap et son glissement vers la droite libérale. Le "Nous n'avons pas besoin des frondeurs", de ce 23 juin, signé du patron PS à l'assemblée, Bruno Le Roux, est plus qu'une révélation. Cette déclaration ferme aussi la porte de l'aile gauche du PS, priée de se trouver un autre parti. 

     

    macronvalls

    Dans cette logique, droit dans ses bottes, le ministre de l'économie, Emmanuel Macron, fait adopter une loi, en juin 2015, qui va jusqu'à gêner le positionnement du parti Les Républicains (ex-UMP).   Une loi qui va plus loin que la droite libérale, lorsqu'elle était au pouvoir, plus loin que le gouvernement Fillon entre 2007 et 2012 (plafonnement des indemnités liées à un licenciement abusif, accepter la ségrégation sociale1, remise en cause du temps de travail, etc.). <o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Cette loi a été applaudie par le grand patronat et le MEDEF. Une première dans un gouvernement "socialiste". 2<o:p></o:p>

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    ... À l'illusion d'une existence socialiste en Europe<o:p></o:p>

     

    Sur la politique extérieure, là aussi les entorses au clivage gauche/droite ou PS/"Les Républicains" (ex-UMP) brouillent le langage politique. Le socialisme ne semble, en effet, qu'une chimère sur le plan international. Le PS et la droite libérale ont appelé à voter tous les grands traités européens (Maastricht en 1992, traité constitutionnel de 2005) et votent , ensemble, au Parlement Européen plus de 90% des textes. Dire qu'il y a une opposition socialiste face aux libéraux et fédéralistes européens serait donc mensonger. Dès lors, il n'est  pas surprenant que le Parti Socialiste soutienne l'action du conservateur Jean-Claude Juncker.<o:p></o:p>

    juncker

     

    Jean-Claude Juncker, ex-premier ministre luxembourgeois, n'étant pas le plus socialiste des élites politiques (c'est un euphémisme), impliqué dans l'affaire LuxLeaks,4 ni le plus grand démocrate...5

     

     

    <o:p></o:p>

    Par voie de conséquence, les socialistes font du suivisme libéral sur la politique européenne. La situation critique en Grèce en est le plus bel exemple récent. L'Union Européenne guidée par la voix de J-C. Juncker craint le gauchiste et Premier ministre grec, Alexis Tsipras.

     

    A cette doxa se greffent le Président François Hollande et la ligne gouvernementale . Tous deux dénonçant l'attitude d'A. Tsipras, dans l'organisation d'un référendum sur l'application ou non des réformes d'austérité. Une rigueur demandée par l'oligarchique Troïka libérale (FMI, BCE, Commission Européenne), et donc soutenue par la majorité PS. Ainsi, Alexis Tsipras n'a absolument pas le soutien de la majorité du PS français.6 Pourtant le premier ministre grec est très loin idéologiquement de l'extrême gauche.7  La situation grecque en Europe donne, une nouvelle fois, crédit à la confusion gauche/droite, dénoncée régulièrement par les eurosceptiques.

     

    Alors il y a bien les frondeurs au PS (l'aile gauche)... Qui souhaitent une réorientation politique de leur parti. Ils restent divisés et certains ne luttent que sur le bout des lèvres (peut-être la peur, pour eux, de ne pas être réinvestis lors des élections législatives de 2017 ?). Le dernier congrès du PS, à Poitiers, en juin, a d'ailleurs tranché. Il donne raison à la ligne libérale avec plus de 60% des voix... Un PS, inscrit dans la nouvelle droite française. Au PS, le socialisme a vécu, il a été vaincu.<o:p></o:p>

     

    Jonas<o:p></o:p>

     

    1.  Accepter la ségrégation entre les couches sociales. La loi Macron, effectivement, enterre le grenelle de l'environnement, de 2007, qui avait l'objectif, long terme, de rendre accessible et de développer le train et la LGV. Or, la SNCF (entreprise publique) a continuellement augmenté ses tarifs, le TGV devenant un luxe, difficilement abordable pour les voyageurs réguliers (classes moyennes et inférieures) . La loi Macron approuve ces hausses de prix en développant, en parallèle, un réseau d'autocar pour les classes sociales les plus faibles. <o:p></o:p>

     

    2 http://www.sudradio.fr/Actualite/France/Le-Medef-applaudit-le-projet-de-loi-Macron et http://www.leparisien.fr/magazine/grand-angle/laurence-parisot-j-ai-voulu-recruter-macron-au-medef-14-04-2015-4692273.php<o:p></o:p>

     

    3. http://www.marianne.net/Juncker-pourquoi-les-socialistes-ne-demandent-pas-sa-tete_a242910.html et http://www.euractiv.fr/sections/elections-2014/les-chefs-detat-socialistes-choisissent-juncker-pour-la-presidence-de-la<o:p></o:p>

     

    4. http://www.rtl.be/info/monde/europe/lux-leaks-jean-claude-juncker-est-affaibli-par-de-nouvelles-fuites-682892.aspx <o:p></o:p>

     

    5. http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/02/02/31001-20150202ARTFIG00405-du-traite-constitutionnel-a-syriza-l-europe-contre-les-peuples.php<o:p></o:p>

     

    6. exemple avec cet article du député  PS Yves Blein http://www.yvesblein.fr/lhubris-grec/<o:p></o:p>

     

    7. À ce titre, Alexis Tsipras a toujours défendu la construction européenne. Il n'a d'ailleurs jamais souhaité la dictature du prolétariat. <o:p></o:p>

     

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  • La tribunal des référés de Paris a rendu son jugement : un parti, en l'occurrence, l'UMP, est autorisé à se rebaptiser "les Républicains." Si l'ancien Président Nicolas Sarkozy s'est félicité de cette décision de justice, il s'agit bien là, d'un problème qui dépasse les clivages politiques...

    Nicolas_Sarkozy

     

    Malin, Nicolas Sarkozy...Peu après le jugement, qui a enthousiasmé l'actuel président de l'UMP, ce dernier, a, de suite, accusé François Hollande d'avoir été le maître d'œuvre de cette opération anti "Les Républicains".  Ou comment, l'ex-Président tente de manipuler le futur électorat, en politisant cette bataille sémantique...1  Expliquer, donc, en filigrane, qu'il s'agit là d'un avant-goût de 2017 et d'une première défaite de l'actuel Président François Hollande... Pourtant, François Hollande ne s'est jamais engagé contre la nouvelle appellation "Les Républicains."

    D'ailleurs, les politiques et citoyens qui ont lancé l'action judiciaire, pour empêcher l'UMP de se rebaptiser "Les Républicains", ne sont pas que socialistes.  Ils viennent de tous bords : citoyens non encartés, mouvements politiques (y compris certains très critiques contre l'actuel gouvernement socialiste), juristes et, aussi, des socialistes. Nicolas Sarkozy le sait très bien.

    Il sait aussi qu'en rebaptisant l'UMP en "Les Républicains", il crée la confusion dans les esprits des citoyens. Il a déjà débuté cette entreprise démagogique, aidé aussi par ses cadres qui reprennent les formules "choc", pour embrouiller les futurs électeurs. Dans un discours du 22 avril, Nicolas Sarkozy lance ainsi : "Nous sommes des républicains avant toute chose, les socialistes sont d'abord socialistes." Un populisme repris par le député UMP Laurent Wauquiez le 21 mai à Rillieux. Diantre ! Cela signifie donc que les Socialistes ne seraient pas aussi Républicains que les élus de Droite ? Quelle bêtise ! Sans atteindre la loi de Godwin, n'oublions pas que certains grands noms de la résistance, socialistes, (Jean Moulin, Jean Zay, etc.) ont défendu la République parfois au prix de leur vie. Oui des socialistes ont voté les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain, en 1940, mais n'était-ce pas là aussi le cas de la Droite de l'époque ?

    Également, peut-on dire aujourd'hui que François Hollande a rasé la République pour mettre en place un modèle socialiste anti-républicain ? Il est vrai que nous sommes dans une société où, depuis 2012, les travailleurs font des semaines de 15h, où la démocratie a été détruite, où l'État a repris la main sur le marché , où Evo Morales est notre principal partenaire politico-économique, etc. Soyons sérieux...  

    Depuis deux siècles, la France a pour particularité d'avoir construit sa République sur les bases de la démocratie. Les soubresauts historiques (retour de la monarchie, fondation d'Empires, etc.) ont permis in fine de redéfinir une République plus forte. C'est pourquoi la France a cette définition si particulière de lier la République avec la démocratie. S'accaparer le terme "République", avec un parti s'intitulant "Les Républicains", revient ainsi à distinguer ceux qui défendent ou non la démocratie. Perspicace, Nicolas Sarkozy est intelligent : l'objectif est évidemment de tromper l'électorat en l'implorant de soutenir le parti "les Républicains", censé représenter les seuls démocrates et républicains de la scène politique. Une méthode brutale et insidieuse... En outre, irrespectueuse pour les autres formations républicaines de gauche à droite.

     

    N'oublions pas que la République Française est "une et indivisible" selon notre constitution, et que personne ne devrait se permettre de la diviser. La diviser, c'est tenter de diviser la France sur ses principes fondamentaux. C'est aller contre l'Histoire. C'est aller contre le peuple, la Nation.

     

     

    1. «Les gens qui ne sont pas courageux, qui n'ont pas de conviction, pas de colonne vertébrale essaient de gagner sur le tapis vert, devant les tribunaux, ce qu'ils n'arrivent pas à gagner avec le peuple de France» Nicolas Sarkozy, le 26 mai, meeting au Havre.

     

    Article disponible sur le site des jeunes du MRC : http://www.jeunes-mrc.fr/Combattre-l-appropriation-Les-Republicains--plus-qu-une-bataille-ideologique_a88.html

    Et sur le site du MRC 92 : http://mrc92.fr/index.php/2015/05/combattre-lappropriation-les-republicains-plus-quune-bataille-ideologique/


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