• Bayrou, Borloo, De Villepin, Sarkozy, Le Pen... Du centre à l'extrême, la droite implose. Comme quoi la droite, et surtout l'UMP, s'inspire bien du Parti Socialiste pour se diviser. Mais quels seront les probables candidats pour 2012 face à Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen ?

    François Bayrou est peut-être l'homme politique qui a officialisé le plus rapidement sa candidature pour la présidentielle de 2012... du moins de façon officieuse. Et cela depuis la création clownesque d'un  gouvernement virtuel pour préparer son hypothétique victoire, en septembre 2010. Mais François Bayrou est l'homme politique qui a peut-être le plus mal géré sa crédibilité politique : D'une part à cause de ses nombreux et hasardeux copier-coller basés sur le modèle politique anglo-saxon, dont le shadow cabinet, et d'autre part de l'image qu'il renvoie, avec l'exemple de son altercation avec Daniel Cohn-Bendit lors d'un débat télévisé (Mots croisés, le 4 juin 2009).. Mais sa plus grosse erreur aura été certainement ce qu'il aura pris pour une victoire "trop "personnelle : la présidentielle de 2007.

    Modem, le parti de la discorde

    Après avoir recueilli plus de 18% en 2007, François Bayrou est le troisième homme de la vie politique française. Il dissout alors l'UDF pour fonder le Modem. Un parti qui devait promouvoir l'indépendance du centre face à l'UMP mais qui sert finalement d'appareil au service du leader politique, François Bayrou. Certaines têtes pensantes quittent alors le navire, préférant un centre pouvant peser sur les idées de l'UMP (Hervé Morin, Michel Mercier, etc.). Au niveau national, les résultats catastrophiques des dernières élections témoignent la perte de confiance continue des Français vis-à-vis de François Bayrou : Le Modem ne fait que 8.46% des suffrages aux élections européennes et 4.2 % aux élections régionales de 2010 (moyenne nationale). De quoi être pessimiste pour 2012, mais François Bayrou croit encore en ses chances alors... se présentera-t-il ? certainement. D'autant plus que la main tendue par Jean-Louis Borloo, sur le plateau de "A vous de juger", n'a pas été acceptée par François Bayrou. Ce dernier préférant voir, dans la création du nouveau parti Borloo, une tentative d'intox pour ramener les voix centristes vers l'UMP de Nicolas Sarkozy. Bayrou, un cavalier seul, trop seul pour peser sur l'élection.

    Borloo, intox ou crédible ?

    Une cause d'échec qu'a bien compris Jean-Louis Borloo. Pour gagner une bataille électorale, il faut être uni et rassemblé. Jean-Louis Borloo veut s'assurer du soutien d'une partie du nouveau centre (dont Hervé Morin), quelques écologistes (dont certainement le Cap 21 de Corinne Lepage) et des gaullistes déçus du sarkozysme. Une confédération des centres qui n'a pas encore de parti mais qui voit peu à peu le jour. Ses intentions sont peu claires : présenter un candidat pour 2012 ? faire de l'intox pour faire peur à l'UMP (mission déjà partiellement réussie) ? Contrer le Modem de Bayrou ? Amener le maximum des voix centristes à l'UMP ? L'effet d'annonce de Jean-Louis Borloo sur le plateau de "A vous de juger", début avril, est en effet peu compréhensible. Voilà qu'un ancien ministre sous la présidence Sarkozy, qui a défendu la politique du maitre à penser de l'UMP, qui a fait du pied pendant deux mois au Président pour une place tout en haut du gouvernement, se met à comploter avec des anciens ministres sarkozystes... Tout cela pour former une alternative... Fiable ?

    N'est-ce pas plutôt pour tenter d'approcher un candidat plausible mais encore discret du nom de... Dominique de Villepin ? Peut-être que plus le projet politique, il s'agirait pour Borloo et de ses amis de trouver un candidat idéal pour contrer Nicolas Sarkozy. Et Dominique De Villepin serait ainsi le favori. L' alternative ne serait donc pas sur le projet politique mais sur la personne à placer en haut de la hiérarchie. Du coup, les ex-ministres sarkozystes, déçus, déchus, oubliés ou voulant devenir Calife à la place du Calife, se retrouveraient de nouveau dans les bons petits papiers du nouveau Président de la République.


    votre commentaire
  • Dans l'Ain, 22 cantons sont renouvelables. Objectif de l'UMP : reprendre la tête du conseil général, à gauche depuis 2008 après 32 ans au pouvoir. Pour cela, l'UMP devra reprendre au moins quatre cantons à la gauche. Mais peut-être que le plus dur sera finalement de conserver les cantons déjà acquis. Parmi ceux-ci, celui de Coligny figure comme l'un des plus indécis.

     

    Crise sociale, côté de popularité de Nicolas Sarkozy toujours en baisse... Dans un contexte difficile, l'UMP, dans l'Ain, devra faire face lors des cantonales 2011. Surtout que l'intention est claire : reprendre la direction du conseil général et faire oublier la claque de 2008. Dans le canton de Coligny, la droite est bien ancrée. Depuis 1998, Jean Bernadac est solidement installé aux commandes. En 2004, les élections lui ont été faciles : élu au premier tour avec 50.5% des voix. La gauche s'était alors contentée d'une opposition pour la forme.

    Cette année, la bataille s'annonce beaucoup plus compliquée pour l'UMP. Jean Bernadac, maire de Coligny, devra affronter le maire divers gauche de la commune la plus peuplée du canton, Marboz, Alain Gestas. Une opposition que l'élu marbozien tient à clarifier dans les colonnes du journal local, La Voix de l'Ain (Vendredi 28 janvier 2011) : "Ce n'est pas un duel de maires, ni de communes. C'est une opposition d'hommes aux aspirations différentes.". Certes... Mais il est incontestable que cette lutte ne se fera pas sur le terrain du jeu Gauche/Droite. "Les électeurs vont surtout voter en fonction des hommes plus que des étiquettes politiques", tient à confirmer Alain Gestas.

    L'un des points forts du programme de Jean Bernadac  est lié à un constat simple : celle de l'augmentation de l'âge de la population sur le canton. L'un des objectifs principaux sous son mandat a été donc la création de deux pôles médicaux de proximité sur le canton. C'est ainsi que deux maisons médicales sont sur le point d'être mises à place sur les deux plus grandes communes.

    Sur ce sujet le challenger divers gauche Alain Gestas revendique aussi sa part de succès. "Lorsque j'ai pris mon mandat de maire en 2008, la maison médicale de Marboz était mon premier dossier. D'ailleurs au début, elle a failli dérailler et devait être implantée sur Saint-Etienne du Bois (ville voisine d'un autre canton ndlr) mais Marboz se devait d'avoir une structure de cet acabit. Avec le maire de Saint-Etienne du bois, on a travaillé intelligemment pour l'élaboration du projet" affirme ainsi le maire de Marboz au micro de FC Radio.

     Les deux élus ont finalement des positionnements proches dont la principale inquiétude est la lutte contre la désertification des campagnes avec pour principal souci, le maintien des services de proximité. En fait, il est difficile de voir la différence politique entre les deux candidats... Hormis peut-être sur la gestion du conseil général. En effet, depuis trois ans, le conseil général de l'Ain a basculé à gauche. Et c'est sur ce point que tente d'attaquer le maire de Coligny. "Aujourd'hui on est dans la minorité départementale. Depuis le vote du budget 2011, je suis surpris qu'il y ait autant de fermetures et de blocages sur le département. Il ya eu des augmentations d'impôt de 20% en trois ans alors qu'auparavant en 13 ans, les impôts n'avaient augmenté que de 19 %. En plus, il y a eu des baisses d'affectation aux subventions aux associations, on bloque également le développement des crèches alors qu'il y a une augmentation démographique sur l'ensemble du département ... Comment accueillir les familles nouvelles ? Je ne comprends pas comment tout cela peut fonctionner dans un cadre social. En revanche lorsque la droite était à l'exécutif, beaucoup de collèges ont été refaits  ou  reconstruits, et sûrement avec un coût bien supérieur que si c'était resté en procédure. On a fait un tas de choses, et là je ne comprends pas qu'il y ait eu une coupure immédiate," dénonce  sur RCF Jean Bernadac.

    Mais le vice-président de la communauté de communes, Alain Gestas, défend la politique menée par la majorité qui le soutient . En outre, il  accuse la réforme territoriale engagée par N.Sarkozy en 2008 qui prévoit, entre autres, la fusion pour 2014 du département à la région :

    "Ma vision est celle d'une gestion de proximité pour que tous les cantons du département puissent évoluer. Au niveau du département, ce que je peux dire c'est que ces ressources ne sont pas très lisibles pour l'instant car l'Etat ne garantit pas les affectations budgétaires suffisamment à l'avance et ne définit pas très clairement les contours  : une partie des compétences du département vont être petit à petit déplacées vers la région dans la trame de la réforme territoriale et une partie des ressources du département a été supprimée via les ressources fiscales locales. Le département n'a plus de vision nette de ce qu'il peut redistribuer aux communes.   C'est normal qu'il y ait donc un peu de prudence pour ne pas redistribuer ce que l'on ne possède pas. Cette réforme sur la collectivité territoriale veut faire passer le statut du conseiller général vers celui de conseiller territorial, c'est une mesure d'importance car elle a une signification. La gestion de nos territoires au plus près de la population va être remise en cause. Comment voulez-vous qu'un conseiller territorial qui à la fois siège à Charbonnière (ndlr : à 105 km de Marboz, principale commune du canton) et au conseil général puisse être encore très présent auprès de ses administrés ? ça va être compliqué car la proximité du conseil général est remise en cause," conclut sur cette même radio le maire de Marboz.

     

    Enfin un point de discordance entre les deux candidats dont l'élection se jouera certainement plus sur l'appréciation de la personnalité que sur cette divergence.

    Jonas


    votre commentaire
  • La presse ne fait que d’en parler depuis l’investiture de Marine Le Pen à la tête du FN : elle pourrait jouer les trouble-fêtes lors du premier tour des élections présidentielles de 2012. Le CSA prévoit même des intentions de vote de 17 à 20% selon des sondages récents ! On commence à reparler d’un nouveau 21 avril 2002. Et si, au contraire, les sondages et les bien-pensant se trompaient ...

    C'est une date historique pour le Front National : le 21 avril 2002, pour la première fois de son histoire, le parti s'était hissé au second tour d'une élection présidentielle. En 2007, la crainte était encore là pour  les partis modérés... Même si deux facteurs ont permis de désengorger le potentiel frontiste. D'une part, le phénomène Ségolène Royal  :  non pas parce que la candidate socialiste était à l'époque porte-parole d'un programme béton, mais parce qu'elle incarnait, selon l'intelligentsia, un changement soi-disant important dans la politique moderne, avec l'apparition d'une femme comme possible chef d'Etat. D'autre part, la "rupture" chère à Nicolas Sarkozy . La masse s'était prise au jeu de la lutte entre deux séducteurs et Jean-Marie Le Pen n'incarnait plus la surprise (comme en 2002), l'invité de dernière minute, perdant même sa légitimité sur les questions sécuritaires. L'enjeu de 2012 se fera sur trois tableaux : la sécurité évidemment puisque c'est la principale inquiétude du peuple, le pouvoir d'achat et indirectement l'Europe (critiques constantes contre la politique monétaire de la Banque Centrale, une mésentente incessante entre les Etats de l'Union asphyxiés par la concurrence des Etats-Unis et de la Chine, etc.).

    Alors pourquoi Marine Le Pen ne peut-être présente au second tour en 2012 ?

     Ce n'est pas faute d'être médiatisée. Ce n'est pas faute d'incarner une position féminine élégante. Ce n'est pas faute de représenter une position anti-européenne, largement en vogue actuellement. Enfin, ce n'est pas faute d'être l'incarnation du regain du FN (avec 18.31% au Nord-Pas-de-Calais, lors des élections régionales de 2010). Une Marine Le Pen aussi largement victorieuse grâce à la base militante lors de l'élection pour la présidence du parti (67.55%%). Mais plusieurs obstacles semblent encore sur la route de la nouvelle leader du FN. Tout d'abord, Marine Le Pen ne sera pas la candidate de toute l'extrême droite qu'elle tente d'ailleurs d'adoucir. Un Front National qui semble se fracturer de l'intérieur avec la ligne dure... Celle qui était incarnée, par la presse, comme Minute ou Rivarol,  et par Bruno Gollnisch, l'éternel numéro 2 du parti.

    Et sur le pouvoir d'achat, le Front National ne semble pas peser sur le débat.

    La candidate du Front National se centrera donc sur ses deux thèmes phares : la sécurité et l'Europe.

    Sur la sécurité, Marine Le Pen jouera des coudes avec Nicolas Sarkozy pour représenter une droite dure.  Mais N.Sarkozy a l'avantage d'avoir les tableaux de B.Hortefeux (l'homme sécurité du président). En amenant sur le plateau du 20H de TF1 ce 20 janvier, un joli tableau montrant l'inexorable baisse de la délinquance, Brice Hortefeux a démontré par a+b les bonnes actions du gouvernement contre la délinquance. Des chiffres qui sont peu contestés par l'ensemble de la classe politique et pourtant... Les agressions sur les personnes (c'est à dire la délinquance qui inquiète majoritairement le peuple) ont encore augmenté 2% en 2010. Et, en cas de candidature de Dominique de Villepin, Marine Le Pen aura également du mal face à l'ancien premier ministre, très populaire parmi les chiraquiens.

    La gauche semble quant à elle toujours absente de ce débat...

    Sur l'Europe :

    La population peut là suivre sur son registre. Encore que la gauche devra montrer (enfin) ses crocs.  Si le candidat du Parti socialiste se nomme Martine Aubry, François Hollande ou D. Strauss-Kahn, la thématique de la protection de l'Etat sera alors ouverte pour la leader frontiste. Elle devra simplement lutter contre les nonistes de 2005 ( qui ont voté contre le traité constitutionnel européen).  Il n'est pas certain que son argumentation protectionniste séduise les français face au charisme d'autres leaders comme O.Besancenot, J-L Mélenchon, etc. Marine Le Pen n'a pas l'éloquence de son père, même si elle garde la brutalité des tirades.

    Enfin, malgré une amélioration de ses résultats lors des régionales de 2010, le score du FN est depuis plusieurs élections bien en dessous de ses espérances : seulement 4.3% lors législatives en 2007, 6.3% lors des Européennes de 2009 et 11.4 % lors des régionales de 2010.

    Les Français ne sont plus dans le contexte de 2002. Le 21 avril 2002 était un cataclysme politique, la population a voulu mettre les hommes politiques face à leurs responsabilités... Sans plus. Au deuxième tour, Jean-Marie Le Pen s'est d'ailleurs fait laminé avec seulement 17.79% des voix face à Jacques Chirac. Et puis, les Français ont conscience qu'un Front National présent au second tour fera forcément le jeu d'un des deux grands partis politiques grâce au rassemblement républicain (l'UMP soutiendra le PS ou vice-versa). Depuis 2002, la situation de la société française ne s'est pas améliorée, alors pourquoi réédité cette situation en 2012 ?

    Conclusion : malgré l'exaltation des sondeurs avec leurs chiffres, Marine Le Pen ne sera pas présente au second tour de l'élection présidentielle de 2012.

     


    votre commentaire
  • "La France est-elle finie ?", voilà ce que pourrait dire aujourd’hui un jacobin : un citoyen qui voit la France perdre de sa souveraineté vis-à-vis de l’Europe. "La France est-elle finie ?", c’est justement le titre du dernier ouvrage d’un gaulliste de gauche Jean-Pierre Chevènement. Mais qui peut réellement représenter les valeurs - peut-être archaïques - d’une France souveraine, indépendante, puissante, possédant un Etat fort ?

     

    Chevènement ? Lui même n'a pas l'air d'y croire. Eric Zemmour ? journaliste au Figaro, ses affiliations avec ces idées ne semblent pas le guider vers une carrière politique. Dupont-Aignan ? président du mouvement Debout la République, il est encore méconnu par un grand nombre de citoyens. De Villepin ? son approbation vis-à-vis de la ratification du traité de Lisbonne (malgré le non du peuple français en 2005) et son engagement pour la libéralisation des services publics semblent l'éloigner du giron jacobiniste et gaulliste. L'UMP ? Nicolas Sarkozy a depuis bien longtemps oublié les remèdes gaullistes. Le PS ? Strauss-Kahn au FMI a certainement la vision économique la plus libérale de toute notre classe politique. Quant à Arnaud Montebourg, son récent hommage à Jacques Chirac et sa position contre l'actuelle construction européenne témoignent d'un certain courage de sa part. Néanmoins, le député bourguignon défend une vision parlémentariste de la politique française, contraire à l'idéal gaulliste.

    Lorsque Jean-Pierre Chevènement créa le pôle républicain pour l'élection présidentielle de 2002, il subit un échec qui le marquera jusqu'à aujourd'hui. Considéré alors comme le troisième homme dans les sondages, il réussit à représenter un électorat venu de tous les horizons grâce à la reprise de théories gaullistes, sur les valeurs de la nation, d'un Etat central fort, etc. Mais problème, Jean-Pierre Chevènement ne réalise que 5.3% au premier tour. : bien loin du chiffre escompté. Certains analystes ont d'ailleurs tort d'analyser l'échec de la gauche (puisque le second tour est un duel entre J.Chirac et J.M. Le Pen) et de Lionel Jospin (qui fut, lui, réellement le troisième homme de l'élection) sur la présence de la candidature Chevènement (ancien membre du PS et du gouvernement Jospin entre 1997 et 2000). Une vision bien trop simpliste quand on étudie l'électorat de J-P. Chevènement : des citoyens qui auraient certainement voté blanc, à droite voire ne pas être allé voter lors de l'élection de 2002, si le Pôle républicain n'existait pas. Rappelons que J.P.Chevènement avait d'ailleurs été soutenu par Max Gallo (qui a depuis défendu la candidature de Nicolas Sarkozy), par J-F Kahn (journaliste qui a, depuis, fait campagne pour le Modem) ou encore par la mystérieuse ligue de l'Action Française. Bref, la cuisante défaite personnelle de J-P. Chevènement en 2002 tient plus à son surprenant score dérisoire (à la vue de son électorat aux tendances très larges) qu'à l'échec de la gauche. Aussi, le pôle républicain ne se relèvera jamais de cette élection.

    Et c'est peut-être pourquoi aujourd'hui, toujours traumatisé par 2002, J-P. Chevènement hésite encore à se prononcer s'il se lancera oui ou non à une campagne présidentielle. Alors oui ! J.P. Chevènement affirme, sur le plateau de "On n'est pas couché" (diffusé le samedi 15 janvier 2011) qu'il se présentera par devoir si aucun candidat "républicain" n'était en lice pour 2012. Oui mais voilà, bémol : en 2007, J-P. Chevènement avait soutenu une candidate (Mme Royal) assez éloignée de ses positions sur l'Europe et sur l'économie. (reprises dans son dernier ouvrage "la France est-elle finie ?" et sur "La faute à Monnet") Pourquoi à cette époque ne pas être allé au bout de sa propre campagne présidentielle ? Nul doute que le sénateur de Belfort ne veuille pas reproduire l'expérience de 2002. En outre, il semble qu'aujourd'hui, J-P. Chevènement nourrit une rancoeur avec le PS, pour avoir abandonné quelques accords passés lors des élections régionales. Alors quel candidat peut mieux répondre à ses attentes et à celles de son électoral de 2002 ? Il l'indique à demi-mot sur Rue 89, le 17 janvier 2011 : Nicolas Dupont-Aignan. Député de l'Essonne, Nicolas Dupont-Aignan se fait de plus en plus présent sur la scène politique. Ne reniant pas ses origines à droite (ancien partisan UMP), il a toujours été le plus grand opposant à Nicolas Sarkozy au sein même du parti. Il quitte l'UMP et fait scission pour créer un mouvement de rassemblement gaulliste : Debout la République (DLR). Avec un physique premier de la classe, il troque ses lunettes pour des lentilles, pour une touche plus "Djeun's." En fait, hormis l'âge des deux représentants gaullistes on ne voit pas de réelles différences dans l'électorat de DLR et celui du pôle républicain. On peut même parler de transfert de témoin : certains chevènementistes, présents au sein d'un micro-parti (le MRC), ont lâché leur maître à pensée pour se rallier à DLR et Nicolas Dupont-Aignan. En fait, à regarder de plus près les programmes de J-P. Chevènement et de Nicolas Dupont-Aignan, on voit une différence et peut-être de trop grande taille pour J-P. Chevènement : l'Euro. Pourtant les deux hommes politiques font à peu près le même constat sur la monnaie unique, celle d'un échec très lourd (L'euro est d'ailleurs tellement au centre des critiques que la chancelière allemande Angela Merkel a exclu, le jeudi 19 janvier, un retour du Deutsche Mark). N. Dupont-Aignan n'envisage pas d'avenir avec la monnaie unique, et souhaite un retour au franc (tout comme le Front national). J-P. Chevènement, quant à lui, veut réorienter la politique de la Banque Centrale et, à fortiori, conserver l'Euro. Une petite différence d'opinion qui semble encore écarter l'union entre les deux jacobins. Et aux partisans de se questionner :

    Un rassemblement pourrait-il déboucher sur un "Super pôle républicain" représentant plus de 15% de l'électorat français ?


    votre commentaire
  • Cela fait 70 ans que le Général De Gaulle appela pour la première fois à la lutte contre l'occupant nazi. Le geste d'un militaire courageux, encore peu connu et peu écouté à l'époque. Un événement qui est malheureusement repris à des fins politiques.

    L'appel du 18 juin sera la référence de la résistance (même si le but de l'appel n'est pas encore de former et d'organiser des réseaux de résistance en France), et de l'alliance avec les forces britanniques contre le Reich Allemand et ses alliés.

    Hommage à France Télévisions pour la diffusion du 70ème anniversaire de cet appel.
    Plusieurs sociologues et historiens ont meublé pendant les différentes séquences (notamment lors des poignées de main du président Nicolas Sarkozy à un public venu nombreux) en expliquant l'acte et revenant sur l'histoire de cet appel.

    Max Gallo disait une chose très juste : "le gaullisme est mort avec le général !". Idée "juste" reprise de bien mauvaise manière par un sociologue sur le plateau de France télévisions. Olivier Wievorka explique que le gaullisme n'a plus de place politique actuellement : la protection nationale est une idée dépassée, l'Europe ne peut fonctionner que par des politiques de coopération (sous-entendu l'Europe actuelle est le système politique moderne le mieux adapté à nos sociétés).Et là, le sociologue fait une erreur grave, un contresens historique et politique. Il développe même une notion paradoxale, celle de croire que l'Europe actuelle est celle de la coopération et donc contraire aux idées gaullistes.

    Si le général de Gaulle prônait une France indépendante des grandes puissances, si De Gaulle prônait une Europe des peuples... c'est bien parce qu'il voulait une Europe faite de coopérations nationales, une Europe à la carte. Une Europe que les technocrates refusent aujourd'hui puisqu'elle irait à l'encontre du diktat des marchés. En effet, seuls les Etats peuvent mettre une barrière au marché. Or, l'Europe actuelle n'est évidemment pas celle de la coopération. On est plutôt dans une Europe dont les technocrates ont imposé une mini-constitution pour prévaloir sur le droit national. Une Europe favorable à toutes les logiques de concurrence, y compris celle de remettre en cause les barrières étatiques (telles que le SMIC) pour pouvoir concurrencer le faible coût de la masse salariale Chinoise.

    Or, ce qu'il faudrait plutôt retenir du 18 juin 1940. Ce n'est pas le fait qu'un personnage nommé De Gaulle soit l'incarnation d'un idéal politique devenue vieillot. Non ! le 18 juin 1940 c'est se rappeler avant tout qu'un homme a pu être à l'origine d'une résistance, à contre courant des idées de l'époque (en 1940, la France soutenait davantage l'armistice de Pétain que la nouvelle résistance face à l'occupant allemand). C'est se rappeler également que ce personnage, devenu homme politique, a pu ensuite relever la tête d'un pays qui l'avait bien basse en 1958.
     C'est aussi se rappeler que dans les années 60, alors que les pays, un peu à l'image de notre société actuelle devaient choisir entre le camp des libéraux américains et des communistes soviétiques, De Gaulle choisit l'indépendance. Idée qui était considérée comme archaïque par des hommes prônant les Etats-Unis D'Europe comme Jean Monnet.
     On retrouve un peu ce même état d'esprit actuellement où chaque individu et hommes politiques ne glorifiant pas l'Europe actuelle, celle du libre-échange et de la lutte devenue fatale face à l'économie Chinoise se retrouvent isolés et marginalisés !

    Mais ne jetons pas la pierre à Olivier Wiedorka qui a peut-être fait une erreur de sémantique et n'a certainement pas l'habitude des plateaux de télévision. Toutefois, on ne doit pas se servir, lorsqu'on se dit sociologue et historien, du pouvoir médiatique pour renforcer les idées politiques actuelles de façon sous-entendue.

    Autre pouvoir qui réutilise le 18 juin 1940, c'est évidemment celui du politique. Dommage que Nicolas Sarkozy salisse l'image du général tout en se servant des symboles pour convaincre...

    Notre président n'a pas salit De Gaulle en se présentant aux commémorations. Non. Il a salit cette image lorsqu'il impose la mini constitution européenne à la France alors que le peuple l'a révoquée deux ans plus tôt lors d'un référendum. Il a salit l'image de De Gaulle lorsqu'il parle, s'agite pour finalement être dans l'inaction.  Que dire de la situation des pêcheurs en Bretagne ou des usines telles qu'Arcelor-Mittal ! devant des dizaines de caméras notre président avait affirmé ne pas les laisser tomber. Demandez-leur aujourd'hui aux quelques milliers de licenciés si Nicolas Sarkozy a été d'une aide précieuse.

    Demandez aussi, cette fois au Général, s'il aurait accepté de se soumettre à L'otan et l'autorité américaine pour soutenir les invasions en Afghanistan et en Irak...

    Concernant l'actu et les commémorations, finalement c'est bien Christophe Barbier, éditorialiste à l'Express et sur LCI qui en parle le mieux :

    "Nicolas Sarkozy cherche à récupérer toutes les résistances, celle de Gy Moquet, celle du Maquis des Glières, celle de Londres, toutes les résistances aussi en termes idéologiques, le gaullisme de droite, avec quelqu'un comme Henri Guaino, le gaullisme de gauche avec quelqu'un comme Max Gallo, et puis il veut récupérer toute l'histoire, Nicolas Sarkozy. Le fils d'immigrés hongrois s'est transformé, le 14 janvier 2007, au lancement de sa campagne présidentielle, en une sorte d'éponge à mythes historiques, il y a tout mis, de Jeanne d'Arc à Guy Moquet, et il a réussi comme ça à trouver une dimension présidentielle. Il a compris que c'était indispensable cette dimension historique, donc gaullienne, pour être présidentielle."

    Notre président Nicolas Sarkozy, ainsi que tous ses ministres (dont quelques--uns se disent gaulliste d'ailleur's)  qui acceptent d'utiliser l'image de De Gaulle pour faire de...  l'anti De Gaulle. N'est-ce pas là une certaine forme de soumission à la pensée commune et de surcroît aller à l'encontre de l'appel du 18 juin ? L'appel du 18 juin, finalement, c'est de toujours croire à nos convictions et de résister pour que celles-ci puissent vivre !

     

     

     

     

     

     


    votre commentaire