• Interdiction de la Burka, la loi au service de la campagne présidentielle 2012


    Le président Nicolas Sarbozy l’a annoncé : la burka (voile intégral) doit être interdite. Fadela Amara (secrétaire d'Etat à la Politique de la Ville), Xavier Bertrand (secrétaire général de l‘UMP), Brice Hortefeux (ministre de l‘intérieur) ou encore le premier ministre, François Fillon, sont tous d’accord sur ce principe et suivent la position de leur chef. Mieux encore, le sujet de la burka est tellement brûlant que François Fillon n’excluait pas la procédure d’urgence et passer en force une loi visant à interdire le port de la burka. Le Burka est donc si dangereuse dans notre société, au point de l’interdire dès cet été.
    Le président du Sénat, Gérard Larcher, et le président de l’assemblée nationale, Bernard Accoyer ont mis un peu le holà à tous ces effets d’annonce et appelé à une procédure législative sans précipitation. Calmons-nous et discutons.
    Et surtout réfléchissons à ce que nous sommes en train de faire. Le gouvernement a le sentiment louable que la burka dénigre la personnalité de la femme. La burka est le reflet d’un retour en arrière des avancées en faveur des femmes. Soit, mais réfléchissons encore. Sous ces paroles louables se cachent finalement un vide. Un vide philosophique et politique. En gros, ce que fait le gouvernement n’est autre que la réalisation d’amalgames entre islamisme, taliban, burka, soumission de la femme, possibles futures poseuses de bombes (couvertes par le voile donc indétectables par les forces de l‘ordre). Soyons sérieux.
    Une loi d’urgence contre le port d’un habit même d’
    un voile intégrale revient à revenir sur le concept de la liberté, un des piliers de notre république. Une loi interdisant le port de ce vêtement doit avoir pour justification  : une menace directe pour la population. Mais les anti-burka se rendent-il compte que ce voile peut être portée volontairement par ces femmes? Bien sûr que la burka me gêne lorsque je vois une femme la porter. Mais de quel droit me permettrai-je de juger cette femme et de quel droit me permettrai-je d’interdire son port ? Non.
    Il me semble que le principe de la liberté en France est bien de veiller à ce que la liberté des uns commence là où s’arrête celle des autres. En quoi une femme portant la burka gêne à ma liberté et à celle de son entourage ? Rien. Ce serait même remettre en cause la capacité de la femme à penser et à agir librement, ce qui revient donc à faire de l’anti-féminisme !
    Il ne fait aucun doute que, pour certaines d’entre elles, la burka est une contrainte imposée par leur mari. Je n’en doute pas. Mais que fait-on pour celles qui choisissent ce voile ? J’en suis sûr les femmes qui font cet acte volontaire ne sont pas toutes des talibanes.
    En interdisant la burka, on pourrait alors interdire demain les slips de bain parce que c’est manifestement une atteinte à la pudeur. Et si la burka est interdite parce qu’elle masque le visage de la femme : les écharpes et les cagoules n’ont plus qu’à bien se tenir. Pour une question religieuse ? Dans ce cas la soutane sera aussi sous le coup de la loi.
    Et qu’on ne me dise pas que les quelques 2 000 femmes (selon un rapport confidentiel du ministère de l'Intérieur sur l'islam que Le Figaro a retransmis le 09/09/2009) portant la burka menacent la sécurité intérieure ou menacent la liberté des uns !
    Non mais faire peur aux gens avec la nécessité absolue de faire une loi anti-burka pour deux mille femmes est peut-être plutôt le signe que le gouvernement tente de reprendre des électeurs à une extrême droite remise sur pied depuis les régionales 2010. Un gouvernement déjà en campagne pour 2012. C’est peut-être aussi pour éviter des sujets sensibles (de vrais sujets dont le gouvernement devrait s’inquiéter) comme… la dette de la France par exemple ? la crise en Grèce qui peut faire effet de domino sur toute l’Europe? le regain du chômage ?

    Jonas


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